Le chant du cygne des Stooges d'Iggy Pop : un cygne noir, maladif et violent. Á l'invitation de David Bowie, grand fan de rock déviant, les Stooges se sont reformés et se retrouvent en studio à Londres, avec un nouveau guitariste, James Williamson, qui relègue Ron Asheton à la basse. Williamson a sans doute un jeu moins extrême mais il sait comme son prédécesseur pousser Iggy dans ses derniers retranchements ; et le son des Stooges s'étoffe, au point même de s'enrichir d'une guitare acoustique sur "Gimme Danger" et "I Need Somebody". Soyez tout de même rassurés, on est encore loin de James Taylor ! L'Iguane a rappelé les Stooges à la rescousse car il veut enregistrer un album de rock brut et sans concession. Dès 1973, ils posent ensemble les fondations du punk rock. Des chansons comme "Search & Destroy", "Raw Power" ou "Death Trip" vont devenir des modèles de brusquerie méchante pour les Damned et les Sex Pistols. Vingt-cinq ans plus tard, Iggy a remixé l'album pour corriger certaines faiblesses du mix original supervisé par Bowie. Avec ce nouvel enrobage, cru et puissant, Raw Power mérite plus que jamais son nom.
2 POP 60
Ersatz / Julien Doré
On se souvient de "La Nouvelle Star", cru 2007, où un finaliste déjanté décrochait le titre tant convoité. On prédisait à ce drôle de personnage un avenir dans la chanson et cela se produisit avec son premier album Ersatz, cocktail détonnant d'ironie, d'instrumentation travaillée et d'une bonne dose de talent. Ses influences: Serge Gainsbourg, et le groupe Archive. On souhaite longue vie à Julien Doré, tellement charismatique sur scène, tellement déjanté, drôle, sensible et tout ça à la fois.
Qu'il reste cet artiste un peu fou, un peu farceur qui ne part jamais bien loin sans son ukulélé fétiche…
8.4 DOR
La grande ouverture / Fred Pallem & le Sacre du Tympan
Le Sacre du Tympan, baptisé ainsi en référence au Sacre du Printemps, ballet russe d'Igor Stravinski, est un big-band de 17 musiciens puise son essence dans le jazz, le jazz manouche et les musiques de film. La grande ouverture est le troisième album de cette formation atypique, créé par le bassiste et compositeur Fred Pallem, jazzman de talent et certainement l'album qui lui ressemble : inventif, ouvert sur les autres musiques, énergique et soigné.
En résulte une Grande Ouverture hétéroclite, où se distinguent les paysages si reconnaissables de chacun des interprètes : l’explosion d’un M ou d’un Sebastien Tellier, le recueillement et l’introspection d’un Marcel Kanche, la suavité de Juliette Paquereau (Diving with Andy). Figurent aussi au générique de ce film : Sanseverino, Piers Faccini, Oxma Puccino, Feist…