« Odile et les crocodiles » Chantal Montellier. – Actes Sud 2007
Odile est une jeune femme plutôt jolie. Elle exerce l’honorable profession de comédienne. Un soir, elle croise malencontreusement la route de trois jeunes hommes peu scrupuleux mais tellement « bien sous tous rapports » ! Pour Odile, l’irréparable va se produire. Elle est victime de l’acte le plus abject, le plus barbare qui soit : un viol. Sa vie bascule alors. Désormais, elle n’aura de cesse de se venger. Elle va à son tour provoquer cette violence et cette haine qui la répugnent et la rongent. La proie qu’elle était se métamorphose en prédatrice. Compulsivement, et sans véritablement comprendre son acharnement, elle va assassiner sauvagement tous ces hommes dépravés et lâches…
Réalisée au début des années 80, à l’époque où les femmes revendiquaient davantage leur indépendance et surtout leur liberté sexuelle, cette bande dessinée est violente, engagée et autobiographique. Mais, au-delà de son féminisme effréné, l’auteur dénonce déjà les dérives de notre société. Elle condamne notre consommation à outrance, l’injustice faite aux femmes, le traitement privilégié accordé aux nantis… et bien d’autres disfonctionnements.
Ainsi, vingt ans après, le constat est toujours aussi navrant : la violence et ses excès sont invariablement présents… Est-ce irrémédiable ?
Une bande dessinée dérangeante, au graphisme légèrement démodé, mais qui reste, malgré tout, un œuvre incontournable à parcourir d’urgence !
BD MON
« Les garçons » Wesley Stace. – Flammarion 2008
Dans la famille Fisher, à tendance matriarcale depuis 3 générations, on est artiste de théâtre et ventriloque. Deux George vivent chez les Fischer. Le premier, âgé de 11 ans, est collégien dans un pensionnat. Le second est une marionnette douée de parole ayant appartenu à son grand-père disparu. Les deux George ne savent rien l'un de l'autre. Jusqu'au jour où les événements les amènent à s'unir pour révéler les secrets de famille les mieux gardés. A travers le récit de ces deux personnages, nous découvrons l’histoire extraordinaire et pleine de rebondissements de cette lignée d’illusionnistes aux membres hétéroclites.
Wesley Stace nous promène dans l’univers des artistes de théâtre des années 70 en Angleterre. Il nous propose un délicieux concert de ventriloques dans lequel les voix s’entremêlent pour composer une partition littéraire habilement construite.
Repenti de la mafia new-yorkaise, Giovanni Manzoni, devenu Fred Blake, a obtenu la protection du FBI après avoir témoigné contre ses pairs. Il s’installe dans une bourgade de Normandie, Cholong-sur-Avre, avec sa femme Maggie, leurs deux enfants, Belle et Warren, et leur chien Malavita. Ils n'ont qu'une idée en tête : se fondre le plus discrètement possible dans la population environnante. Un objectif pas facile à atteindre quand on a vécu si longtemps entouré de mafieux !…
R BEN
« Malavita encore » Tonino Benacquista. – Gallimard, 2008
Prenez la série télévisée américaine Les Soprano et la chanson « Repenti » de Renan Luce. Mélangez-les : vous obtiendrez un cocktail explosif à déguster sans modération en lisant ces 2 romans. Une histoire riche en péripéties, teintée d’humour noire, avec des personnages attachants, parfois un peu déjantés. Disons plutôt fortement influencés par les années passées au cœur de la mafia ! Quand le naturel revient au galop, il ne fait pas bon vivre dans l’entourage des Blake !!! Deux romans à lire pour se distraire cet été…
R BEN
« Ravel » Jean Echenoz. - Minuit, 2006
Ce roman retrace les dix dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel. L’auteur le décrit comme un homme anxieux qui s’ennuie vite, un artiste qui déteste la contradiction, un mondain un peu fade, mais aussi un éternel enfant qui voit s’éloigner ses souvenirs. Ravel est une œuvre éclatante dans laquelle l’auteur nous entraîne pour découvrir l’univers de ce musicien si particulier.
Il est agréable de se (re)plonger dans un classique de la littérature moderne. Ces cinq tomes peuvent être lus indépendamment, voire commencés à n’importe quelle page.
Anaïs Nin se construit tout en écrivant, avec un style naturel, spontané. Plume en main, elle jouit de la vie et profite de chaque instant. Ses relations avec Henry Miller, June, son psychanalyste et d’autres amis, sont profondes, subtiles, étudiées jusqu’au moindre battement de cil. Ses voyages à travers l’Europe sont pour elle des occasions de partir à la découverte d’elle-même. Le Journal d’Anaïs Nin est une grande œuvre littéraire qui explore les recoins de l’âme humaine. Un véritable chef d’œuvre !